Après presque 4 ans d'emprisonnement sans jugement, ils ont été libéré dans la nuit du 7 septembre. Tous durent subir un traitement médical d'urgence, dû aux circonstances inhumaines de leur détention. Tous rapportent qu'ils ont été torturés. L'un d'entre eux est devenu aveugle. Cette libération est un premier pas vers la justice ; un appel est lancé pour une enquête sur leur cas ainsi que sur celui de Ken Saro Wiwa et des huit autres Ogonis exécuté en 1995.
Depuis que le MOSOP a débuté sa campagne contre la Shell en 1993, le peuple Ogoni a subi attaques armées, enlèvements, arrestations arbitraires, pillages, tortures, et emprisonnements dans des conditions dégradantes. Les 20 Ogonis avaient été emprisonnés pour s'être opposé aux douteuses opérations de Shell au Nigéria et à la dévastation de leur terre en trente années d'extraction pétrolière. La Shell a sa propre force de police privée et un détachement de la police nigériane payé par et recevant les ordres de la Cie.
Le 3 juin, le député parlementaire tchadien Ngarlegy Yorongar a été arrêté par son gouvernement. Dans une interview publiée par le journal tchadien l'Observateur en juillet 97, Yorongar avait accusé le président de l'Assemblée d'avoir accepté des millions de Frs français de la Cie pétrolière française ELF. Elf a une grande opération au Tchad et est censée débuter bientôt la construction d'un grand pipeline à travers le Tchad et le Cameroun. Deux journalistes de l'Observateur ont aussi été arrêtés. Le procès devrait commencer sous peu. M. Yorongar a été victime d'arrestations pour raison politique à plusieurs occasions déj à, à cause de ses critiques au sujet du projet de pipeline pétrolier.
Ces événements font partie d'un schéma continuel de violations des droits humains au Tchad, en relation avec la suppression de l'opposition au projet pétrolier. Fait aussi partie de cette campagne l'assassinat, en octobre 97 d'au moins 80 personnes -principalement des civils- quand le gouvernement a rompu un accord de paix. Les dernières arrestations sont un signe clair qu'il n'est pas possible de discuter actuellement de ce projet au Tchad. Selon Amnesty Int'l, sont fréquents les rapports de tueries, arrestations arbitraires , tortures et autres abus des droits humains.
S. V. P., envoyez des fax, télégrammes, lettres ... exprimant vos préoccupations et vos appels à : Président Idries DEBY, BP 74 N'DJAMENA, République du Tchad, Fax : 235 51 45 01.
Comme la Banque Mondiale (plus loin, BM) participe au financement du projet, s.v.p. pensez à la faire aussi à : James Wolfensohn, Président - The World Bank 1818 H Street N.W. Washington, D.C. 20433 Fax : 202 522 0355 et 202 522 1677, pour qu'il contacte à ce sujet le gouvernement tchadien et qu'il suspende le programme de ce projet.
La publication de Human Right Watch de mars 98 relate, concernant les migrants sans papiers, les requérants d'asile et les réfugiés : "Bien que l'Afrique du Sud, depuis les 1ères élections démocratiques de 1994, ait fait des progrès remarquables pour construire une société libre et démocratique, basée sur le respect des droits de ses propres citoyens, les étrangers eux n'ont pas bénéficié de ces développements et restent soumis à de sérieux abus. Des sentiments anti-étrangers se sont aussi renforcés de façon alarmante. .. Des migrants sans papiers sont soumis à des abus de la part d'officiels du département des Affaires Intérieures, de la police, de l'armée, aussi bien que de la population... Ce rapport tente de documenter les expériences d'étrangers en Afrique du Sud incluant toutes les catégories citées plus haut, ainsi que des résidents légaux, afin d'ajouter leurs voix au débat sur la migration dans ce pays. Des êtres humains qui souffrent ne devraient pas être ignorés dans un pays qui n'a émergé que récemment d'un système qui dégradait les droits humains de base et la dignité humaine".
L'ouvrage de 236 p. disponible s/ site web de Human Rights Watch : http://www.org/reports98/sareport) et d'autres docs de base et y relatifs c/o Projet de la Migration sud-africaine (http://www.queensu.ca/samp).
Des Campagnes Africaines pour l'Interdiction des Mines anti personnelles appellent l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) à signer et ratifier le traité international du même nom, avant le 1er anniversaire de la cérémonie de la signature du traité, le 3 décembre 1998. L'Afrique est le continent le plus lourdement miné du monde. L'Appel a été lancé lors d'un atelier patronné par la Campagne Internationale pour l'Interdiction des Mines (CIIM) et l'Union Inter-Africaine pour les Droits Humains (UIDH), sur l'impact des mines anti-personnelles en Afrique, à Ouagadougou, Burkina-Faso les 3-5 juin, coïncidant avec le 34è sommet de l'OUA.
Le dictateur Suharto a été forcé à démissionner, comme résultat du pouvoir populaire. Cela a été une victoire momentanée pour les populations indonésiennes qui ont mis leurs vie en danger et mobilisé des millions de personnes. Pourtant, le nouveau gouvernement n'est pas beaucoup mieux que la dictature de Suharto. Habibie, un des hommes d'affaires les plus proches de Suharto, avait été choisi comme successeur formel par le processus non démocratique qui a permis à Suharto de rester au pouvoir durant trois décades. C'est pourquoi, le mouvement pro-démocratie à l'intérieur de l'Indonésie va se poursuivre, et il aura besoin de support international.
Plus de 3'000 digues et barrages- dont environ 30 très grands- sont prévus d'être construits sur la rivière Narmada. Le projet du barrage de Maheshwar est l'un d'eux. Le Mouvement pour Sauver le Narmada, Narmada Bachao Andolan, est en première ligne de l'opposition à la construction des barrages. Il estime que le projet affecte de façon disproportionnée les membres des communautés Adivasis (peuple indigène tribal).
Le barrage de Maheshwar, à lui seul, innondera 5'000 hectares de terres agricoles et forcera 2'200 familles à se déplacer 61 villages seront affectés par les conséquences du barrage. Suite aux protestations, le gouvernement a accepté un moratoire pour la construction, conditionnée à des recherches sur les conséquences écologiques et sociales, sur les coûts du projet et les alternatives. En violation de ces accords, la construction commença en avril, accélérant de nouvelles protestations. En mai 98, plus de 150 femmes et de 50 hommes furent arrêtés par la police qui mit fin à leur manifestation de protestation pacifique sur le site du barrage de Maheshwar. Lors de tels incidents en avril, 1'500 personnes avaient été arrêtées et plusieurs sérieusement blessées.
Le 10 juin, dix policiers attaquèrent un manifestant, Jagannath Chowdhury, le déshabillèrent et il fut emmené complètement nu à une prison provisoire où il fut détenu jusqu'au soir avec environ 490 autres personnes. Certains furent battus et durent être hospitalisés. Des femmes furent menacées d'être traitées de la même façon la prochaine fois qu'elles manifesteraient. La Commission Nationale pour les Femmes révéla, après enquête, un large usage de la violence contre les manifestants pacifiques.
Depuis 1992, Amnesty International a très souvent exprimé aux autorités sa préoccupation au sujet des violations des droits humains infligées par la police aux activistes de la vallée Narmada -spécialement aux femmes-, dont les arrestations arbitraires, tortures et violences.
S.V.P., envoyez des lettres de protestation. Contact et infos : Narmada Bachao Andolan,
Le projet Nandanavanam du gouvernement de Andhra Pradesh, dont l'objectif officiel est l'embellissement de la rivière Musi à Hyderabad, détruirait les habitations et les moyens de subsistance de près de 20'000 personnes qui vivent depuis 40-50 ans dans les bas quartiers de la zone affectée par le projet.
Le projet, qui inclut la construction de centres commerciaux, anéantirait les résultats de nombreuses années de lutte des habitants pour assurer la stabilité et la fermeté des lieux d'habitations. Beaucoup d'entre eux y ont consacré leurs salaires de toute une vie de labeur. Les logements promis par le gouvernement en dehors de la ville ne sont pas une compensation de leur éviction.
Jusqu'à ce jour, les gens affectés sont laissés dans le doute quant aux bailleurs de fonds du projet; de source officielle, ce serait soit la BM soit le gouvernement néerlandais. Les victimes n'ont pas encore été informés par quelle aide financière ils devraient perdre leurs habitations.
Leur organisation, Nandanavanam Basti Samrakshna Samiti (NBSS), avec l'Alliance Nationale pour les Mouvements Populaires, les organisations des droits humains, et autres, ont enregistré leur forte protestation. Les gens concernés se sont adressés à la Cour, ont fait une grève de la faim, des marches. Ils sont absolument déterminés à faire arrêter le projet, s'il signifie leur déplacement.
Ils ont conçu eux-mêmes des alternatives.
Ils demandent que des lettres de soutien soient envoyées aux autorités de Andhra Pradesh.
Le 5 novembre 97, les fermiers de Mapalad dans le sud du pays ont récupéré 100 hect. des 140 volés par Norberto Quisumbing Sr. Management Development Corporation (NQSrMDC), après une grève de la faim de 28 jours. Grâce au courage des contestataires, le thème de la réforme agraire reprit de l'ampleur et regagna la conscience nationale.
La NQSrMDC adressa une pétition à la Suprême pour l'annulation de la décision présidentielle. Actuellement, d'une manière ou d'une autre, l'affaire -avec une évidence suffisante prouvant la validité des plaintes des fermiers- fut jugée en faveur de la NQSrMDC, sur la base de considération technique. La Cour Suprême stipula que l'adjudication des 100 hect. aux fermiers était nulle, parce que le Dpt de la Réforme Agraire avait omis de soumettre leur 1ère motion pour reconsidération au bureau du président dans le délai légal de 15 jours pour faire appel. En plus, la Cour Suprême jugea que les fermiers sont "alibi et ne sont pas partie prenante dans l'affaire", comme s'ils n'étaient pas ceux qui ont été dépossédés de leurs terres, et de leurs moyens d'existence et de leur vie-même. Jusqu'ici, les fermiers et leurs avocats attendent encore la décision officielle de la Cour Suprême.
Depuis le 15 février 98, les familles résidant dans l'ère affectée par le Projet multidimensionnel du Barrage de San Roque (SRMDP) se sont vus donner l'ordre de démolir leurs habitations et de s'installer ailleurs. Cette digue déplacera au moins 925 familles. A part les zones qui seront directement submergées, plusieurs autres communautés des zones plus élevées devront aussi être déplacées à cause de l'accumulation de sédiments résultant de l'endiguement de la rivière Agno.
Lors d'une récente mission de reconnaissance, on découvrit que les familles concernées ont accepté de se déplacer, dans l'espoir que la National Power Corporation (NPC) leur attribuerait un site adéquat. Pourtant, la NPC leur a seulement mis à disposition des abris temporaires sur un site temporaire, qui leurs sont loués pour 500 à 2'000 P mensuels et qui se trouvent sur une ère sans alimentation d'eau adéquate et sans électricité du tout. Pire, les programmes alternatifs d'habitation ne sont visibles nulle part. Les familles déplacées sont laissées à elles mêmes. Il n'y a pas de travail et leurs terres ont déjà été prises par la NPC. Dans des entretiens, les familles ont révélé que la NPC a usé de diverses tactiques pour convaincre les gens à se déplacer. Une de ces tactiques est la tromperie avec des promesses de compensations. Une autre, par le truchement d'un recensement fait en 1995 : dans les réunions successives, on poussa les gens à signer des feuilles de participation, lesquelles furent ensuite annexées aux déclarations de support au projet.
Les habitants de San Roque sont opposés au projet du barrage car il détruit leurs habitations et leurs moyens d'existence.
Ils ont besoin d'appui international (lettres de protestation, déclarations de solidarité) afin de pouvoir stopper le barrage.
Le 27 mai, quelque 120'000 travailleurs coréens jetèrent leurs outils et prirent les rues pour protester contre les licenciements de masse et pour exiger des réformes. Le gouvernement répondit en déclarant que la grève de la Confédération Coréenne des Syndicats (KCTU) était illégale et fit le voeu de casser ses dirigeants. Les employeurs menacèrent aussi de poursuivre les syndicats pour les pertes et dommages causés par la "grève illégale". Finalement, on aboutit à un accord et on appela à la fin de la grève. Selon la KCTU, une moyenne de 200 compagnies ont dû fermer chaque jour depuis le début de la crise, avec une moyenne de 4'000 travailleurs perdant leur travail quotidiennement.
Le "Réseau d'Action Coréen pour la Solidarité contre la domination mondiale du capital" est composé de six groupements progressistes. Il a lancé une campagne contre le FMI et l'AMI (Accord Multilatéral sur les Investissements), en rendant les populations un peu au fait sur l'AMI. Il tiendra la "Conférence Internationale des Peuples à Séoul", dans le but de construire les bases d'une lutte internationale de solidarité contre l'AMI et le FMI. Convoquent également à cette conférence : des syndicats, des mouvements de base tels que la KCTU, Solidarity for Democracy & Progress, etc..
Une catastrophe s'est passée sur le la Issyk-Kul (Kyrgyzstan, Asie Centrale), le 20 mai 98. 1'762 kgs de NaCN furent déversés dans le lac à cause d'un accident de camion. Le conteneur de 20 tonnes avec sa cargaison chimique était transporté à la mine d'or de la Cie mixte Kyrgyz -Canada Cumtor Operating. Le conteneur se cassa sur la rivière de la montagne (à 14 km du lac), et la substance empoisonnée se déversa dans le lac.
e-mail : victoria@aivaschenko.home.bio.msu.ru
L'assemblée générale annuelle de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement s'est tenue à Kiev du 9 au 12 mai. Cette rencontre du monde des affaires a reçu la participation de 3000 investisseurs, conseillers commerciaux, femmes et hommes d'affaire, représentants gouvernementaux, 300 journalistes et (du au manque de place) 14 représentants d'ONG.
La répression contre les groupes d'activistes opposés au développement capitaliste - tels que << Tigra Negra >> et << Rainbow Keeper >>- a commencé avant même le début de la réunion de la BERD. Une personne fut interrogée illégalement 3 fois par les services de sécurités ukrainiens ( l'USS, ex KGB ukrainien). Elle dut subir différentes menaces - notamment de viol ou de meurtre de ses proches. Le premier jour de la réunion, 5 activistes de << rainbow Keeper >>, d' << Ecozahyst >>, de << Tigra Negra >>, et de l'Union sociale et Ecologique ont été arrêtés pour avoir érigé une banderole devant le bâtiment où avait lieu la réunion, et furent condamnés par une procédure d'urgence à 5 jours d'emprisonnement. Ils ont tous fait une grève de la faim. Le dernier jour de la réunion, deux activistes ont encore été arrêtés alors qu'ils peignaient des banderoles dans un parc , et gardés en prison pendant plusieurs jours.
La BERD fut fondée par les gouvernements du G7 et par les Etats Membres de l'Union Européenne en 1991, afin de promouvoir la transition des économies de l'Europe de l'Est et de l'ex Union Soviétique vers l'économie de marché. La BERD joue un rôle capital dans la mise en place et la réalisation de méga-projets aux conséquences sociales et écologiques incalculables.
En voici quelques exemples :
Cas de Chernobyl 4 et du réacteur K2/R4. Malgré le fait que le G7 a canalisé 300 millions de dollars US à travers la BERD pour le dénommé << Plan de Mise sous Abri>> (Shelter Implementation Plan ), le site de Chernobyl reste très dangereux. Dans l'ensemble, les prévisions de travaux de protection ont été jusqu'ici grossièrement dépassées, seulement partiellement accomplies, avec des étapes inutiles ou même fictives. On estime que seuls quelques millions de dollars ont été utilement dépensés. Tout en pariant qu'il n'y aurait pas de nouvelles catastrophes à Chernobyl, la BERD étudie des nouveaux financements pour l'achèvement des deux réacteurs partiellement construits Khmelitsky 2 et Rivne 4 (K2/R4). Ce projet ne remplit ni les conditions de sécurité, ni les conditions économiques et de participation publique, tout en présentant de sérieux risques tant financiers que environnementaux. La Commission des experts de la BERD elle même a démontré que ce projet constituait un investissement inutile, concluant que l'Ukraine pouvait trouver des débouchés plus sûrs et plus économiques pour assurer ses besoins énergétiques.
Sakhalin II. En juin 1997, la BERD votait l'approbation d'un prêt de 116 millions de dollars pour le projet Sakhalin II, destiné à l'exploitation << off shore >> de gas et de pétrole. L'environnement marin près de l'île de Sakhalin dans la partie extrême orientale de la Russie est parmi les plus riche en biodiversité, comprenant des espèces menacées de dauphins et de baleines. Malgré le fait que ce projet risque d'entraîner des déversement toxiques et pétroliers, ni la juridiction russe ni les normes de EAS ne se sont opposés.
Le projet pétrolier Azeri. Ce projet comprend d'anciennes et de nouvelles installations d'exploitation pétrolière, incluant un oléoduc sous-marin traversant la mer Caspienne, deux longues conduites pétrolières traversant l'Azerbaïjan, la Georgie, la Tchétchénie et la Russie, avec un terminal en Mer Noire. Ce projet est susceptible de provoquer des fuites de pétrole et de substances toxiques dans ces mers qui forment un écosystème unique. Le tracé de ces pipelines traversera des zones forestières et marécageuses de grande valeur. Ce projet aura un impact très négatif sur les écosystèmes marins et terrestres. Malgré cela, la BERD s'apprête à financer ce projet, sur la base d'une étude d'impact environnementale totalement inadéquate - et sans consultation publique.
Le projet minier de Kubaka. Ce projet soutenu par la BERD constitue le premier << joint venture >> d'importance d'exploitation d'or, entre les USA et la Russie. Les sponsors de ce projet avait promis que celui ci bénéficierait d'une technologie occidentale avancée, ménageant l'environnement, et qu'il n'y aurait pas le moindre déversement. Pourtant, en fin 97, les ONGs environnementalistes apprirent que des polluants liquides s'échappaient des mines, incluant des fuites et des déversements toxiques dans un lac de barrage. Dans le pire des cas, cela pouvait déboucher sur l'effondrement du barrage, catastrophe comparable à celle survenue dans les gisements de Omai en Guyane.
Les autoroutes M1 et M5 en Hongrie. En 1993, la BERD décida de contribuer à la construction de ces deux infrastructures routières, qui furent achevée en 1996. Depuis lors, les problèmes sociaux et environnementaux liés à ces réalisations augmentent constamment, cependant que le principal sujet de controverse soit constitué par les aspects financiers et économiques de ceux-ci : une comparaison avec les autres autoroutes européennes montre que c'est une des réalisations de loin les plus coûteuses ; plutôt que de payer les péages hors de prix, le 70% des conducteurs hongrois, la moitié des conducteurs étrangers et le 90% des camions préfèrent utiliser l'ancienne route qui suit un itinéraire parallèle. Malgré l'évidence de l'échec du projet, la Banque insiste pour récupérer son prêt auprès des contribuables hongrois.
Pour plus d'info ou pour participer aux campagnes contre ces projets :
e mail zemiata@netbg.com
En juillet, la Banque Centrale Européenne a ouvert ses portes à Frankfort. Elle est la seule institution centrale du prétendu Pouvoir Central Européen basé en Allemagne, et une des pierres d'angle de l'Europe de Maastricht. Une Europe qui réclame des coupes dans les dépenses sociales, dans les retraites, un système de soins médicaux à deux vitesses, l'appauvrissement. Un projet qui mène à la destruction globale des ressources naturelles, à une "Forteresse-Europe" dans laquelle la ségrégation raciale est encouragée, au renforcement des forces militaires et à la pression interne au moyen d'expulsion des pauvres et des sans-abri hors des centres-ville, à des stratégies policières unifiées, etc. Une grande manifestation de protestation a eu lieu le 27 juin 98.
Du 25 au 30 mai, une coalition très diversifiée d'organisations et de collectifs (incluant squatters, groupes d'églises, organisations de chômeurs, etc) prit d'assaut les rues de Madrid pour protester contre les politiques néo-libérales. Les actions, qui se firent sous le slogan "Brisons le silence !" allaient de l'occupation d'un hôtel vide dans la rue la plus connue de la ville à une action "Faire des courses gratuitement" "Shopping gratuit" dans un immense supermarché, de débats sur des thèmes comme "logement", "chômage", "enfants", etc., à l'occupation d'un bureau de chômage, d'une protestation contre les violations des droits humains dans les prisons à une manifestation d'appui à la grève des travailleurs du métro.
La nuit du 3 juin, dans une escalade d'actions populaires contre "la nourriture de Frankenstein", au moins 7 champs de céréales de semences génétiquement modifiés furent détruits en Grande-Bretagne. Ces actions portent le nombre total des "décontaminations" de champs génétiques à 19. Les sites délibérément délivrés - une partie d'au moins 300 dans le pays- étaient des champs d'essai des Compagnies transnationales suivantes : Agrevo, Monsanto, Pionnier Génétique et Systèmes des Plantes Génétiques. Les céréales qui ensemble recouvrent environ. 10'000 m2 ont été coupés avec des outils de jardinage courants et les mains nues. Il est probable qu'ainsi ait été provoqués des dommages d'une valeur de centaines de milliers de Pounds. C'est un coup signifiant pour les Companies, qui sentent déjà les effets de l'absence de confiance du public et des défauts des céréales. Il se peut que le processus de commercialisation pour les céréales à huile << violées par les modifications génétiques>> ait été ralenti, puisque les bases nécessaires sont maintenant détruites.
Lors d'une déclaration téléphonique à GEN, une céréalière qui se fait appeler "Miss Jean" expliqua : "Personne n'a demandé ces nourriture de Frankenstein, la plupart des gens ne les veulent vraiment pas et jusqu'ici, nous ne sommes même pas consultés sur ce qui arrive dans nos bouches. Quatre agences de conservation gouvernementales ont demandé que ces champs soient stoppés, néanmoins Jeff Rooker (ministre de l'Alimentation de G-B) déclarait récemment qu'il n'était pas le pilote dans cette affaire. Bien, si le gouvernement n'est pas capable d'agir pour défendre nos intérêts, nous devons donc le faire. Ce matin, grâce à des actions directes responsables et pacifiques, nous sommes de 7 champs plus proches d'un monde sain."
C'est le début de l'été 1998, et une nouvelle race d'armes se donne des coups de pieds entre l'Inde et le Pakistan : les pays qui ont déjà le nucléaire sont très rapides pour les condamner. Mais ce cauchemar ne devrait pas arriver si les 5 pouvoirs nucléaires "officiels", EUA, G-B, France, Chine et Russie- avaient agi depuis longtemps comme il se doit, avaient négocié une interdiction globale des armes nucléaires. C'est avec ce fait à l'esprit que les activistes du monde entier feront ont fait des actions cet été. Pour la 2è année, une campagne appelée "les Journées de l'Abolition" appelle tout le monde à se joindre à elle pour conduire des "Inspections Citoyennes des sites nucléaires du Crime". Un Camp International d'Action pour la Paix" a eu lieu en juillet à Bruxelles. Le 1er octobre, auront lieu des Inspections et des actions directes non-violentes sur toute la planète. Il y aura une Marche pour le Désarmement Nucléaire depuis l'OTAN/Bruxelles à Faslane/Ecosse (base du sous-marin nucléaire Trident) du 12 juillet au 9 août, et du 9 au 25 août un Campde Désarmement du "Trident Ploughshares 2000" à Faslane.
La campagne anti-nucléaire de l'Union Socio-écologiste, le Centre Régional de l'Environnement de Kola "Gaya" et ECODEFENSE organisent un camp d'entraînement d'activisme anti-nucléaire pour tous ceux qui veulent contribuer à la prévention des plans nucléaires dangereux et chers. Des actions directes non-violentes, un entraînement et des séminaires seront organisés dans ce camp. Il fait partie d'une campagne globale "Stop MOX" organisée par des organisations écologistes en Russie pour prévenir l'implantation de technologies nucléaires dangereuses. Le but recherché est aussi de stimuler des changements dans l'orientation de l'industrie énergétique de la Russie : du pouvoir nucléaire et du carburant fossile vers des sources alternatives d'énergie et un programme d'énergie efficient.
Des Activistes Désarment un Bombardier B-52 à la base de la Force Aérienne d'Andrews
5 activistes pacifistes mirent en actes la prophétie d'Isaï de transformer les épées en socs de charrues lors d'un spectacle du Pentagone en dehors de Washington D.C., le 17 mai. Ils donnèrent des coups de hache et versèrent du sang sur un avion de bombardement B-52 lors d'une présentation publique. Ils agirent en mémoire de l'action des << 9 de Catonsville >> qui, trente ans auparavant, avaient brûlé des dossiers pour éveiller les gens sur l'immoralité de la guerre du Vietnam. Contact : Max Obuszewski (1-410) 323 7200 ou 243 76 95 ou maxo@igc.apc.org; Jonah House (1-410) 233 6238
Le gouvernement est sur le point de commencer la construction d'un TGV dans le pays basque, un projet d'infrastructure de transport des plus agressifs, qui sont nécessaires pour pousser en avant le Marché Uni Européen et la globalisation économique. Il y a eu des actions de protestation (y.c. une manifestation le 13 juin) et une exposition mobile se prépare.
Le président mexicain, Ernesto Zedillo, paraît décidé à exterminer les peuple indigènes du Chiapas. Ces derniers mois il y eut sans cesse des attaques criminelles de l'armée mexicaine contre la "base" des Zapatistes, c'est-à-dire contre les communautés indigènes qui appuient la révolte zapatiste, culminant avec les bombardements et les exécutions à San Juan de la Libertad. Un autre signe préoccupant de la proximité d'une guerre ouverte est la décision du gouvernement mexicain d'interdire l'entrée des observateurs internationaux dans les "ceintures de paix" garantissant un minimum de tranquillité aux communautés indigènes: une loi nouvelle et absurde rend l'entrée des observateurs au Chiapas pratiquement impossible, et plus de cent observateurs ont été expulsés du pays.
Cet article décrit seulement les chapitres les plus scandaleux et récents de la guerre sale de l'état contre les peuples indigènes, mais il y a au Chiapas bien plus d'agressions que celles qui sont décrites ici. Nous informons également sur un massacre qui a eu lieu récemment hors Chiapas, dans l'état du Guerrero. Ces actions de l'armée soulèvent au Mexique une vague d'indignation. Le célèbre écrivain Carlos Fuentes, un des plus prestigieux auteurs de la langue espagnole et ancien ambassadeur du Mexique à Paris, a manifesté son indignation dans un article de la revue Reforma dans lequel il compare la politique d'extermination mênée par le gouvernement mexican avec celle d'Hitler: "Croire que quelques tirs dans la montagne peuvent subitement se faire rassembler un millier de soldats pour tuer des gens sans toit, sans terre et sans chaussures, est une blague aussi mauvaise que celle de traiter les victimes de 'hors-la-loi'. C'est la même accusation qui fut faite au sujet de Zapata lui-même en son temps (lire la presse de l'année 1919). (...) le Chiapas est assiégé de l'intérieur par la force et les contradictions du pouvoir. Le gouverneur de l'état ne veut pas des témoins. Le gouvernement fédéral apparemment non plus. Mais le Chiapas sans témoins signifie la mort du Chiapas, l'extermination en toute impunité. Hitler ne tolérait pas des témoins à Auschwitz, ni Stalin au Goulag, ni Pinochet au Chili. (...) Les émissaires de la mort ne doivent cependant pas se tromper: au Mexique, les cadavres reviennent et demandent justice". La communauté indigène qui suivait dans la liste d'exterminations de l'armée est San Andrés Sakamch'en, où eurent lieu les premières négociations entre le gouvernement et les Zapatistes. Bien que signés par des représentants de tous les partis parlementaires, y compris du sien, Zedillo a trahi l'accord qui en résulta. Les incursions de l'armée à San Andrés Sakamch'en ont augmenté dramatiquement ces derniers temps, dans le but de préparer l'attaque. Seule une intervention rapide et concrète de la part de la société civile internationale (occupation des ambassades mexicaines, envoi de lettres de protestation, des manifestations, etc.) peut arrêter cette action criminelle de l'armée, action qui vise à forcer l'EZLN à défendre les communautés zapatistes et donc à fournir à l'armée un prétexte pour lancer une attaque militaire généralisée contre tous les Zapatistes.
Si vous organisez une action de protestation, prière d'en rapporter au Front Zapatiste de Libération Nationale auprès de flores@spin.com.mx
Vous trouverez à la fin de cet article deux appels à la solidarité, l'un pour aider la base d'appui et les réfugiés à combattre la faim et la maladie dont ils sont victimes, l'autre relative aux prisonniers politiques zapatistes.
15-16 juin: Incursions de l'armée fédérale dans les communautés de San Pedro, Las Delicias, San Cayetano, Alvaro Obregón, El Brillante y San Andrés La Laguna. Ces incursions, accompagnées de paramilitaires dans les quatre dernières communautés, visaient à provoquer des confrontations avec la base zapatiste et à arrêter des personnes déplacées par la guerre. Heureusement, il n'y a pas eu de victimes.
10 juin: Bombardements et exécutions à San Juan de la Libertad. Dès 3 heures du matin, plus d'un millier de soldats, policiers et paramilitaires, avec l'appui d'artillerie légère, d'hélicoptères de guerre et de tanks, sont entrés dans les communautés de Chavajeval, Unión Progreso et El Bosque sous prétexte d'arrêter quinze personnes. Ils sont entrés dans les villages en gazant et en tirant contre les persones, en incendiant les maisons et en les bombardant depuis les hélicoptères. Les habitants fuyaient sous une pluie de balles. Au moins six personnes furent arrêtées, et trouvées mortes plus tard. Dix personnes sont disparues.
L'armée déclare s'être défendue des attaques des paysans, mais il n'y a pas de traces de balles dans ses véhicules. Les habitants ont couvert la fuite des femmes et des enfants vers les montagnes voisines, mais dans leurs communiqués radiophoniques les militaires eux-mêmes ne parlent que d'un seul tireur. Des organisations des droits de l'homme, plusieurs journalistes et autres témoins directs parlent de l'intervention de l'armée comme des exécutions et d'un massacre.
Un communiqué de la communauté Unión Progreso du 12 juin dit que les soldats "continuent de nous persécuter quotidiennement; ils approchent notre communauté guidés par des paramilitaires, ils tirent très près de nous, nous sommes enfermés, nous ne pouvons pas aller travailler, il y a des gens malades que nous ne pouvons pas sortir pour les faire soigner".
7 juin: Les attaques du gouvernement contre l'église catholique ont conduit à la démission de l'évêque Samuel Ruiz de la présidence de la CONAI (Commission Nationale de médiation) et à la dissolution de celle-ci. Voici quelques extraits de la lettre de démission de Mons. Ruiz: "Malgré les dénégations, il est évident qu'actuellement que le Gouvernement a abandonné le chemin du dialogue. ... Il a été constaté que, outre l'interruption du dialogue, il existe non seulement une détérioration de la situation au Chiapas et dans tout le pays, mais également une agression constante et grandissante de la part du gouvernement contre le diocèse de San Cristóbal de las Casas ... Cette agression contre le diocèse ... est devenue une persécution systématique et a pris des nombreuses formes: expulsion de sept prêtres sur la base de fausses accusations, refus du droit de séjour à des ministres étrangers, emprisonnement de quatre prêtres faussement accusés et violation flagrante de leurs droits humains, fermeture de quelque quarante églises (certaines d'entre elles occupées par l'armée mexicaine), ...génération d'un climat de lynchage, profanation de l'eucharistie de la part de la police ... Je continuerai ... la tâche de construire la vraie Paix depuis le Chiapas, sachant qu'une telle Paix ne peut être confondue ni avec la paix qui résulte de la répression sélective des communautés, ni avec les confrontations que d'autres provoquent en leur sein, et qu'elle ne peut être atteinte en désarticulant l'unité des différences légitimes."
3 juin: Descente de police illégale dans la municipalité autonome de Nicolás Ruiz. Environ 3000 hommes armés (soldats, policiers et paramilitaires) sont entrés dans la municipalité au petit matin, utilisant des gazs lacrymogènes et tirant sur les personnes. Plus de 140 personnes ont été arrêtées, un nombre indéterminé de maisons ont été saccagées, un grand nombre d'hommes, de femmes et d'enfants ont été blessés, et l'on ne sait pas encore s'il y a eu des morts. Cette opération était la réponse de l'armée à la déclaration faite le 12 avril par l'Assemblée générale de la municipalité, déclarant celle-ci "municipalité autonome".
2 juin: Expulsion de toutes les familles de la communauté Nabil. Trois camions avec des policiers et des paramilitaires sont entrés le matin dans Nabil et ont expulsés la population. Toutes les familles ont dû fuir avec leurs enfants dans les montagnes, sans nourriture ni vêtements.
25 mai: Attaque de Tenejapa. Quelque 80 camions et camionettes de l'armée et de la police sont arrivées à 2 heures du matin. Les soldats et la police ont effrayé la population et ils ont détruit et volé leurs quelques biens.
Attaques régulières contre la municipalité autonome de Tierra y Libertad (Terre et Liberté): Depuis le 1er mai, lorsque cette municipalité fut attaquée et démantelée par l'armée et la police, beaucoup de personnes ont quitté leur communautés fuyant des agressions mineures mais constantes, et animées par la crainte généralisée d'une nouvelle offensive de l'armée. Depuis cette date-là, il y a eu des incursions constantes de l'armée et de la police, résultant en arrestations, tortures et fusillades.
Barrière de la faim pour 19 000 réfugiés de la guerre du Chiapas. Le gouvernement se sert du manque de nourriture comme d'une arme, en empêchant 19 000 réfugiés de rentrer chez eux pour cultiver la terre. Rien que de fournir en maïs les 10 500 réfugiés de Chenalhó nécessite vingt tonnes de grain par semaine. Il y a un besoin urgent de savon pour éviter les épidémies. La saison des pluies approche, et les abris précaires des réfugiés seront inondés; dès lors, n'importe quelle maladie devient une épidémie. Il faudrait construire des latrines et des canalisations d'eaux dans tous le camps de réfugiés afin d'éviter le coléra.
Cet appel urgent est fait pendant les dates où les maïs devrait être récolté. S'il n'est pas récolté maintenant, il manquera en septembre du maïs pour des milliers d'indigènes dans la résistance. Enlace Civil achète le maïs aux communautés qui sympathisent avec la résistance, favorisant ainsi le commerce et les échanges locaux.
Le compte bancaire en faveur des réfugiés est: (Banco) BANCOMER, Plaza 437, San Cristóbal de las Casas, Chiapas, Mexico. Compte n° 1000853-3, au nom de Mercedes Osuna. Prière de faxer une copie de l'ordre bancaire ou du reçu, écrivant clairement dessus "Para los refugiados de Chiapas", au numéro + 52 967 82104.
Les familles de 83 prisonniers politiques du Chiapas vivent dans la nécessité absolue, souffrant de la faim, dans des communautés indigènes entourées de militaires et de paramilitaires, empêchées de travailler leurs terres, avec des enfants et sans sources de revenus. Les prisonniers politiques ne peuvent rien faire pour les aider. Ils ont besoin d'action et de soutien politique pour leur libération, et de l'aide matérielle pour leurs familles.
Le compte bancaire auquel on peut envoyer des dons est le même que celui pour les réfugiés; prière de faxer au même numéro une copie de l'ordre bancaire ou du reçu, écrivant clairement dessus "Para los presos".
Pour plus d'information sur la situation au Chiapas: Frente Zapatista,
tél. et fax (52 5) 761 4236; e-mail: floresu@spin.com.mx; Web:
http://spin.com.mx/~floresu/FZLN/; Enlace Civil: tél. et fax (52) 967
82104; e-mail: enlacecivil@laneta.apc.org; Web: http://www.enlacecivil.org.mx/
En Colombie, les paramilitaires, avec la complicité de l'armée, continuent à tuer la population civile en totale impunité. Cet article décrit les derniers massacres, qui, comme d'habitude, ont eu lieu dans les zones de forte influence du capital transnational (généralement des compagnies minières, pétrolières, bananières ou d'élevage de bétail) ou des cartels de la drogue. Les responsables d'une telle situation sont l'armée nationale (qui a organisé et entraîné les paramilitaires dont elle couvre les crimes), les derniers gouvernements (qui ont non seulement permis, mais aussi légalisé l'action des paramilitaires) et les médias les plus importants (qui ont exalté la prétendue "philosophie politique des paramilitaires"). Toutefois, malgré la responsabilité majeure de l'armée et des paramilitaires, les communautés indigènes et noire sont parfois victimes des opérations de la guérilla, ainsi qu'en témoigne un communiqué récent de l'organisation nationale indigène de Colombie, partiellement reproduit ci-dessous. Cependant, cela n'est pas la règle. Les assassinats sont généralement annoncés et perpétrés par les paramilitaires avec l'appui de l'armée; il existe de listes des villages à attaquer (dans le seul département de Bolívar elle comprend Simití, San Pablo, Santa Rosa, Cantaclaro et Yondó). Le nombre de personnes déplacées est alarmant, et inconcevable est celui des tués par les paramilitaires. Les principales victimes d'une telle situation sont la société civile, en grande partie désorganisée et démobilisée, ainsi que les principaux militants.
Les 25 personnes enlevées le 16 mai dans la ville de Barrancabermeja par les paramilitaires des "Autodéfenses de Santander y Cesar" (Ausuac) ont été assassinées et incinérées, selon des informations fournis par les paramilitaires. L'objectif de cette action était de tuer le chef de l'Armée de Libération Nationale (ELN), Nicolás Rodrígues "Gabino". Ausuac a récemment déclaré que ses prochaines cibles sont le président du syndicat des travailleurs du pétrole USO, Hernando Hernández, ainsi que le président du comité régional des droits de l'homme, Osyris Bayter.
Quelques semaines avant ce massacre, un groupe de 200 paramilitaires est entré dans Puerto Elvira et a tué 17 personnes dans l'impunité totale. Bien que ce massacre ait été annoncé au gouvernement par des organisations des droits de l'homme, aucune mesure n'a été prise pour l'éviter.
Le 28 mai, quelque 400 paysans de la région du Putumayo ont occupé les bureaux de l'ombudsman à Bogotá afin d'exiger au gouvernement des solutions concrètes à la difficile situation que causent dans leur région les paramilitaires. Le porte-parole a déclaré que, depuis février, lorsque le maire de Puerto Asís dénonça la présence des paramilitaires dans le Putumayo, il y a eu des assassinats des chefs, avec un bilan de plus de 35 victimes en 15 jours. On craint les massacres qui suivront bientôt, comme il arrive dans d'autres régions du pays. "Le 6 janvier, un groupe de paramilitaires est arrivé à Puerto Leguisamo dans un avion de l'armée. ... Le groupe a tué des paysans et des indiens, a obligé des gens à quitter la région et a annoncé des massacres à Puñuña Negro, Puerto Vega, Puerto Ospina et Puerto Asís".
Voici des extraits du communiqué de presse émis le 9 juin par le Comité exécutif de l'Organisation Nationale Indigène de Colombie (ONIC): "Nous dénonçons que depuis le 28 mai, des combats on eu lieu entre les paramilitaires et la guérilla dans la municipalité de Murindó, département d'Antioquía; que le déroulement de ces combats a affecté sérieusement la population civile, composée pour la plupart de communautés indigènes et noires; que depuis la semaine dernière nous avons appris que 500 personnes ont été déplacées; que selon certaines informations, il y a plus de 20 morts et 18 disparus ... Par conséquent, nous demandons aux acteurs de ce conflit qu'ils respectent la vie et les droits humains de la population civile, et qu'ils respectent l'autonomie des peuples indigènes vis-à-vis du conflit armé qui se déroule actuellement dans ce pays".
Les paysans de la région ont informé que depuis le 26 mai, des unités de l'armée et des paramilitaires sont entrées ensemble dans la communauté et ont procédé à des arrestations. Les tueries ont commencé le 27. L'armée a isolé la région et pendant trois jours a refusé l'entrée du comité d'urgence formé entre autres par des représentants de la Croix Rouge.
Pour plus d'information sur la Colombie: Agencia de Noticias Nueva
Le barrage de Porto Primavera aura duré 20 ans et aura coûté plus de 9 milliards de dollars (7 milliards au-dessus du budget); si il était mis en eau, son impact social et écologique serait très considérable; il est prêt pour la mise en marche, sans que les mesures sociales et écologiques nécessaires aient été prises.
Malgré une décision des tribunaux interdisant la mise en marche, et bien que le plan pour compenser adéquatement les paysans, les travailleurs de la céramique, les pêcheurs et autres ne soit pas mis au point, la Compagnie électrique de São Paulo (Cesp) a déclaré qu'elle allait commencer à remplir le réservoir du barrage. 6200 personnes devraient alors être relogées, y compris les derniers membres du peuple Ofaie-Xavante; des milliers d'autres perdraient leurs moyens d'existence.
Avec une surface inondée de 2250 km carrés, le réservoir de Porto Primavera serait l'un des plus grands lacs artificiels du monde, équivalent à 300000 champs de football, plus grand que le réservoir d'Itaipu. Malgré ses dimensions, il ne générerait au maximum que 1815 MW d'électricité (un huitième de la capacité génératrice d'Itaipu). Le coût de l'électricité par mégawatt/heure serait de 150 dollars, l'une des plus chères du monde (Cesp vend l'énergie qu'elle produit à 40 dollars le mégawatt/heure).
L'inondation d' écosystèmes marécageux mettrait en péril la survie d'espèces menacées, tel que le cerf des marais, le loup à crinière, le fourmilier géant, le caïman à museau large, le loutre géante de rivière et les jaguars noir et tacheté.
Récemment, le gouvernement de São Paulo a tenté de faire passer dans le parlement de l'état deux mesures qui auraient pour conséquence de faire disparaître deux zones protégées qui devraient être inondées. Cesp n'a pas défriché la zone à inonder, ce qui aggraverait l'effet du réservoir sur les poissons et créerait les conditions pour la prolifération des moustiques porteurs de maladies et d'autres insectes.
L'entreprise principale du projet est Camargo Corrêa, l'un des constructeurs les plus grands et l'un des plus puissants politiquement du Brésil, responsable déjà des barrages de Serra da Mesa, Tucurui et Itaipu.
Tous ces barrages ont eu un grand impact social et écologique, et tous ont dépassé largement les budgets prévus. On estime que les transnationales Techint, Montreal, Potain, GEC Alsthom et Asea Brown Boveri ont égalementparticipé au projet.
Le 2 mai 1998, le Ministère Public Fédéral et le Ministère Publique de l'Etat de Sao Paulo ont rendu un arrêt qui gèle provisoirement la mise en eau du barrage, au moins jusqu'à ce que soit faite une étude d'impact sur l'environnement. La compagnie a pour l'instant l'interdiction de fermer le réservoir, même pour effectuer une simulation de mise en eau.
CE QUE VOUS POUVEZ FAIRE:
Demandez que ce projet soit définitivement abandonné, et que l'IBAMA (Institut Brésilien de l'Environnement et des Ressources Naturelles) renonce à lui donner une licence d'opération.
Vous pouvez rappeler aux responsables que, dans le cas d'autres barrages qui ont eu des sérieuses conséquences sociales, tels que Yaciretá (Paraguay/Argentine, quelques centaines de kilomètres en aval), les problèmes n'ont fait que s'aggraver une fois que le réservoir a été partiellement rempli.
ECRIVEZ A:
Governador Mário Covas, Palácio dos Bandeirantres, Av. Morumbi 45000, Cep
05698-900, São Paulo, SP, Brésil. Tél.: (55 11) 845 3000 / 3344. Fax: (55 11) 845 3301 / 3700.
Presidente Eduardo de Souza Martins [président de l'Institut brésilien de l'environnement], IBAMA, Brasilia, Brésil. Tél.: (55 61) 316 1292. Fax: (55 61) 322 1058.
Prière d'envoyer une copie au MAB (Movimento dos Atingidos por Barragens), rua Sete de Abril 264, sala 722, 01014-000, São Paulo, SP, Brésil. Fax: (55 11) 256 0839. Tél.: (55 11) 3159 4265. E-mail: mnab@zaz.com.br
Endesa, la plus grande entreprise du Chili, souhaite construire le méga-barrage Ralco dans le Haut Biobio. Ralco serait un barrage de 155 mètres de hauteur, doté d'un réservoir de 3400 hectares; sa mise en œuvre impliquerait le déplacement de 600 personnes et inonderait plus de 70 km de la vallée du fleuve, avec sa riche forêt et sa faune. Les projections des besoins énergétiques futurs du Chili montrent que l'énergie que produirait le barrage n'est pas nécessaire.
Mais Endesa doit se confronter à un problème: plusieurs familles Mapuche Pehuenche qui vivent dans la région à être inondée ont décidé de ne pas échanger leurs terres avec celles proposées par la compagnie et ont annoncé aux autorités qu'ils ne négocieront pas leur décision. D'après la loi sur les peuples indigènes, Endesa a besoin de l'autorisation des familles indigènes vivant dans la région pour pouvoir construire le barrage, puisque la région est une zone indigène protégée.
Pour triompher de l'attitude des Mapuches, Endesa tentera d'imposer sa thèse suivant laquelle la loi sur l'électricité est plus importante que la loi sur les peuples indigènes. Dans ce but, elle a accéléré la construction pour que le barrage soit un fait accompli: en juillet, elle investira 10% des 500 millions de dollars que coûtera le barrage. Si Endesa réussit à faire progresser les travaux considérablement ces prochains mois, il est probable qu'elle finira par imposer sa volonté, puisqu'elle compte avec l'appui du gouvernement (y compris celui du président Ernesto Frei, lui-même ingénieur hydraulique). L'alliance du gouvernement avec Endesa eut pour conséquence la destitution du directeur de la commission nationale de l'environnement, qui avait présenté un rapport négatif sur le barrage.
Actuellement, la Corporation nationale pour le développement indigène (Conadi) fait des recherches sur les transferts de terre que, selon Endesa, auraient été accordées par 83 familles indigènes. Le directeur de la Conadi estime que ces transactions ne sont valables parce que Endesa a trompé les familles pour les amener à signer. L'entreprise réplique que la procédure a été transparente et bien informée.
Dans un entretien accordé au Christian Science Monitor de Boston, Mme Quintreman, de la communauté mapuche qui habite la région, a dit que sa famille vit là depuis 500 ans. "C'est ma terre. Ils peuvent m'offrir en échange toutes les vaches et toutes les bonnes choses qu'ils voudront. Je ne m'en irai que morte."
Endesa a l'intention de construire six barrages hydroélectriques sur le Biobio, fleuve qui est employé par plus d'un million de personnes pour l'eau potable, la pêche, etc. Le premier barrage, Pangue, est à 70% terminé.
Pahaza, une communauté aymara bolivienne, a révélé que la transnationale minière canadienne Takla Star est en train de prospecter dans les terres de la communauté sans avoir rempli les exigences de la loi sur l'environnement. Pahaza est situé près de la frontière avec le Chili, dans une région très belle et vulnérable traversée par le fleuve Mauri, source d'eau et de nourriture pour des nombreuses communautés, et remplie de vestiges archéologiques.
Les Aymaras vivant à Pahaza possèdent une terre communale achetée grâce aux souffrances et sacrifices de leurs ancêtres, qui devaient payer leurs propres terres à la couronne espagnole. Une telle propriété collective est reconnue par la loi, mais la transnationale canadienne essaie de la contourner au moyen de contrats de travail individuels destinés à diviser la communauté. La prospection ne respecte pas diverses lois boliviennes sur l'environnement, les forêts et l'exploitation minière.
Dans une lettre aux autorités, les Ayamaras écrivent: "Le peuple de Pahaza désire vivre dans un environnement propre, sans pollution. Nos enfants ont le droit de boire de l'eau propre, nous ne voulons pas de rivières mortes ...
Les peuples indigènes de Ayllu Pahaza se trouvent dans un état d'alerte et de mobilisation régionale". Ils demandent que l'on envoie des lettres de protestation et que l'on réalise des actions contre la transnationale.
Pour plus d'informations et modèles de lettres: Fax (591 2) 332919.
E-mail: fobomade@fobomade.rds.org.bo ou barrios@mara.scr.entelnet.bo
"Nos vies et nos forêts ont plus de valeur que le pétrole." Tel était le message des représentants du Conseil d'unification indigène de la selva centrale du Perou (CUNISECP) lorsqu'ils marchèrent sur le parlement en octobre1996. Ils délivrent le même message aujourd'hui, alors qu'ils sont confrontés avec les intentions de la transnationale pétrolière française Elf, qui voudrait exploiter le pétrole dans leurs territoires. Les représentants des communautés indigènes de la rivière Ene se sont rencontrés à Pichika du 17 au 19 d'avril pour un séminaire organisé par le CUNISECP sur "l'impact de l'extraction de pétrole dans nos communautés". Le CUNISECP a commencé des programmes destinés à contrôler les effets des prospections d'Elf, cela dans le but de défendre les droits des communautés indigènes de la région.
On peut trouver celles-ci et d'autres nouvelles dans le n° 31 d'Aviro.
Agostino Roca est un des plus puissants hommes d'affaires d'Argentine. Actuellement, il tient en ses mains l'avenir de la forêt de Yaguarete. La machinerie lourde et les explosions de son entreprise (Techint), destinées à ouvrir le chemin à un gazoduc sont sur le point de commencer la destruction de la forêt. Les 350 familles Kolla qui habitent la région s'opposent au projet. On trouve dans la forêt la dernière population de Yaguaretes avec des possibilités de survie et 60% de la faune avicole du pays. La forêt constitue aussi la zone du pays dont la diversité biologique a été le moins étudiée, et contient des espèces qui n'ont pas été décrites.
Le Centre franciscain de Buenos Aires demande à des personnes du monde entier d'envoyer des lettres de protestation à Monsieur Roca à teacue@techint.tearg.com.ar, fax (54 1) 310 1000.
Voici des extraits de la déclaration du comité de grève des travailleurs de l'usine Han Young:
"Le gouvernement n'hésite pas à violer notre droit de grève en employant l'appareil repressif de la police, celle-ci étant toutefois supposé protéger les citoyens mexicains et non les compagnies étrangères comme ils l'ont fait dans ce cas.
La protection accordée par le gouvernement aux investisseurs étrangers dans le cas de l'industrie maquiladora [usines d'assemblage de produits pour l'exportation] est évident. Dans la Basse Californie, la justice du travail est lettre morte.
Nous demandons à la solidarité nationale et internationale d'appuyer notre juste lutte en défense des droits du travail des travailleurs des maquiladoras".
Les événements qui ont eu lieu dans l'usine Han Young à Tijuana montrent clairement que le maintien d'une main d'œuvre mexicaine à bon marché pour les compagnies transnationales est au coeur de la réalité de l'accord NAFTA.
Les alliés américains des travailleurs de Han Young appellent les militants à répondre à la situation de Tijuana par des actions non-violentes de désobéissance civile.
Des paysans des Andes ont forcé Colorado State University (CSU) à abandonner une patente américaine de quinoa "apelawa". Après quatorze mois, la campagne anti-patente a pris fin le 1er mai lorsque l'un des "inventeurs" de la quinoa a admis que la patente avait été abandonnée.
L'Association nationale des producteur de quinoa (ANAPQUI) bolivienne décrit la défaite de CSU comme "une grande victoire pour les Andes et une journée merveilleuse pour les paysans des Andes".
Représentant la communauté Natalie Mehra déclare "Kingston est fier de cette Journée d'actions. Nos agences communautaires se sont levées en défense de ce en quoi elles croient et nos leaders religieux ont pris la parole pour cette Journée d'actions. 45 bus et 15 camionnettes ont été nécessaires et montrent l'important soutien que nous avons reçu aujourd'hui. Dix mille citoyens ont participé à cette marche pour la Journée d'actions, indiquant au gouvernement qu'il devrait apprendre à respecter les citoyens qu'il gouverne. Les habitants de Kingston ont voté avec leurs pieds aujourd'hui."
La Fondation pour l'avancement dans la Science et l'Education (FASE), basée aux EU, a publié un rapport le 26 mai "Exportation risquée: Exportations de pesticides des ports américains 1995-96."Ce rapport révèle que plus de 21 millions de livres de pesticides (10,5 millions de kg.) interdits ou bannis aux EU ont été exportés des ports américains en1995-96, dont une grande partie à destination de pays en voie de développement. Pendant cette même période plus de 28 million de livres de pesticides jugé "extrêmement hasardeux" selon les standards de l'Organisation Mondiale de la Santé ont été exportés des E-U. La politique des EU permet l'exportation de pesticides bannis ainsi que de pesticides qui n'ont "jamais été registrés", c-à-d de pesticides qui n'ont pas été évalués par l'EPA.
Le rapport du FASE remarque qu'il y a des indications que les accords de marché exercent de la pression auprès des pays en voie de développement afin qu'ils utilisent ces pesticides bon marché et/ou hasardeux.
Certains membres du congrès américain ont préparé un "NAFTA pour l'Afrique" qui est de mauvaise augure pour les travailleurs africains et américains, ainsi que pour l'environnement et la démocratie. Le "Crane sub-Saharan Africa Bill" impose des restrictions sévères aux économies africaines, attribuant le contrôle de ces nations à des organismes internationaux (aussi l'OMC) ainsi qu'à de larges corporations multinationales.
Voici des extraits d'un article de Bob Herbert publié dans le New-York Times(!!) dimanche 7 juin 1998. Les critiques du Crane Bill se trouvent même dans les média les plus conservateurs - de bonnes nouvelles pour une fois!
"Il a un beau nom, "Le projet de loi pour la croissance et l'opportunité de l'Afrique", et un slogan malin, "du commerce et non de l'aide (trade not aid)", mais cet acte qui est présenté au Congrès est en fait un gros cadeau pour les multinationales déjà florissantes et une grave menace pour la souveraineté des nations subsahariennes que les sponsors de cet acte disent vouloir aider."
Ce projet de loi est passé a une très faible majorité en mars devant la Chambre des représentants où il avait été présenté et fortement promu par le représentant Philip Crane, un républicain de l'Illinois qui a parlé de certains pays africains et de leurs dirigeants en terme d'"attardés". (Une représentante m'a dit vendredi que le Congressman n'avait pas eu l'intention d'offenser qui que ce soit). Cet Acte est fortement soutenu par l'administration Clinton et par de gigantesques corporations comme Texaco, Coca Cola et Kmart.
Le but de ce projet de loi est de libéraliser le marché entre les E-U et l'Afrique. Il permettrait entre autre, des exportations duty free et sans quotas vers les E-U pendant 10 ans, il promouvrait la création d'un accord de libre échange entre E-U/sub-sahara et encouragerait le Overseas Private Investment Corporation à organiser des fonds afin de stimuler le développement privé en Afrique.
Mais ce projet de loi pose aussi des conditions. Principalement, les pays participants devraient se plier aux exigences violentes et souvent inhumaines du Fond Monétaire International. De cette façon, ces pays devraient passer par une restructuration économique radicale impliquant des réductions des taxes des corporations, réductions des dépenses gouvernementales et privatisations dans certains secteurs les plus rentables: mines, forêts, ports, puits de pétrole et ainsi de suite, les multinationales et autres riches investisseurs étrangers tout prêts à n'en faire qu'une bouchée au premier prix demandé.
"Qu'est-ce que ça implique pour les gens dans ces pays?" demandait Randall Robinson, le président de TransAfrica et opposant du Crane-Lugar Act. Il remarquait que les ajustements structurels du FMI sont en train d'être mis en place dans certains pays africains et les études sur ces programmes montrent leurs effets perturbateurs. Au Ghana par exemple. Ce pays est cité par le FMI comme un succès. Et pourtant, comme l'a indiqué Mr.Robinson, les dépenses publiques pour l'éducation, la santé et l'agriculture sont en chute libre, selon la consigne du FMI: réduire les dépenses. Le niveau de la santé pour les démunis a pris un rude coup, et cela même lorsque la mortalité infantile est incroyablement élevée (chiffres n'intervenant pas dans les statistiques du niveau de la santé).
Cet Acte requière des pays participants qu'ils s'intègrent dans l'OMC, alors que beaucoup de pays africains ont décidés de ne pas en faire partie. L'Organisation pour le Développement Economique, supporter de l'OMC, a rapporté que l'Afrique sub-saharienne serait perdante si elle entrait dans L'OMC car les pays qui importent plus qu'ils n'exportent de produits alimentaires sont inévitablement touchés par les consignes de baisser les subsides nationaux pour l'agriculture.
Ce fait ne doit pas être pris à la légère. Quatre aficains sur dix souffrent à un certain niveau de faim ou de malnutrition. Les subsides à l'agriculture sont une question de vie ou de mort chez ces populations. Mais l'Accord concocté à Washington dit simplement: << Vous joindrez l'OMC >>
Le président d'Afrique du Sud Nelson Mandela défini l'Accord comme "inacceptable". Mais la plupart des dirigeants sub-sahariens, confrontés à des populations désespérément pauvres et à des taux de chômage désespérement élevés, ont signé. Ils semblent espérer que d'une façon ou d'une autre, ces accords avec les Grands (comme les E-U et ses multinationales) seront capables d'alléger leurs souffrances économiques.
"C'est une situation parfaite pour l'exploitation généralisée."
Les ministres de l'OCDE (Organisation pour la Coopération et le Développement Economique) se sont mit d'accord de mettre en attente les négociations sur l'AMI pendant 6 mois.Les ministres sont sensés utiliser cette période pour estimer le projet et consulter les groupes négociateurs ainsi que les groupes de leurs sociétés, d'après un communiqué de la rencontre ministérielle de l'OCDE à Paris en Avril dernier.
Plusieurs gouvernements demandent maintenant que les négociations sur l'AMI soit traitées à l'OMC, et que par ce biais l'accord soit étendu auprès des 132 pays membres plutôt que réduit au petit groupe de 29 pays membres de l'OCDE. Le Japon demande que l'investissement soit un sujet inclus dans le Millenium Round, réunion possible à l'OMC.
Le 12 Mai, le Parlement Européen a adopté la législation qui permet le brevetage des animaux, plantes et de l'humain, leurs gènes et parties... Malgré les dires des initiants que cette Directive avait été l'objet d'un débat intense, le jour du vote beaucoup de parlementaires ignoraient encore que cette Directive autorisait le brevetage d'organismes vivants(!). Cette ignorance/confusion est largement dûe au langage politico-mercantile qui a recouvert le thème du brevetage de la vie. L'(ir)rationel de la croissance économique, de la compétitivité globale et de l'emploi sont devenus les termes de référence dominants dans la prise de position des partis politiques majoritaires du parlement.
LA CAMPAGNE CONTINUE - des groupes de divers Etats membres de l'Union Européenne cherchent des moyens de faire opposition à ce que la loi nationale soit remplacée par la Directive.
Au sommet EU-UE le 18 mai, Tony Blair (UK), Bill Clinton (EU) et Jacques Santer ont approuvés le Nouveau Partenariat Economique Transatlantique. Bien que le contenu de cette initiative soit encore flou, Clinton a déclaré lors d'une conférence de presse qu'elle vise à démanteler "les barrières commerciales bilatérales et multilatérales dans des domaines tels que l'industrie, les services et l'agriculture (environ 12 en tout) tout en maintenant les meilleurs standards quant aux conditions de travail et au respect de l'environnement."
Avec ce NPET, les EU et l'UE essaient de faire passer une version légèrement transformée du projet Nouvelle Place du marché Transatlantique proposé par Sir Leon Brittan, qui avait été clairement rejeté par la France qui demandait que l'agriculture et les arts audiovisuels soient maintenus à l'écart de tout traité de libéralisation du marché entre les EU et l'UE.
(1)Monsanto, la compagnie agrochimique américaine, a tenté d'imposer les cultures génétiquement manipulées en Europe et a dû faire face à une grande résistance de la part du public. Monsanto demande aux dirigeants africains de signer une déclaration qui passerait dans la presse européenne disant aux Européens de ne pas être égoistes en ralentissant l'acceptation des cultures génétiquement manipulées "car c'est un luxe que notre monde affamé ne peut se permettre". Parmi les dirigeants contactés figurent Julius Nyerere et le président de l'Erythrée Isas Afwerki. Pour plus d'information sur cette campagne de manipulation de relation publique téléphonez au +441714355000.
(2) Monsanto a récemment racheté Delta and Pine Company, l'entreprise qui a développé la technologie pour empêcher les graines de germer (aussi nommé << la technologie terminator >>). Les agriculteurs qui mettent des graines de côté sont un problème pour les entreprises de graines, d'où une nouvelle technologie pour "contrôler" ce "problème" d'épargne de graines. Cette technologie a été développé en partenariat avec le Département de l'Agriculture americain.
(3)La corporation American Home Products et Monsanto Co.ont révélé un projet d'échange de stock, d'une valeur de 34 millions de dollars, afin de créer une nouveau géant pharmaceutique et de biotechnologie qui couvrirait un marché estimé en 1998 à 23 millions de dollars. Si cet accord obtient l'aval des actionnaires et des régulateurs, ce serait la plus gigantesque fusion dans l'histoire de l'industrie pharmaceutique.
(4)Monsanto a aussi signé une lettre d'intention avec Cargill (annoncé le 15 mai 1998) dans le but de créer une nouvelle entreprise mondiale pour créer et commercialiser de nouveaux produits dans le marché du grain et de l'alimentation animale, rendus plus "performants" par la biotechnologie.
(5)Monsanto et d'autres leaders de la biotechnologie se sont fait taper sur les doigts par la police génétique britannique pour ne pas s'être conformé aux conventions d'expérimentation agricoles de plantes génétiquement manipulées. Les coupables n'ont pas eu d'amendes mais ont été cité en public et certains ont été forcés d'arracher leurs plants.
D'autres nouvelles sur la biotechnologie
(1)Un comité international rejette la demande de rendre obligatoire l'indication sur les produits de leur origine génétiquement manipulée: Le 27 mai après plusieurs jours de discussions mouvementés à Ottawa, Canada, la Commission Alimentarius Codex des Nations Unies désignée par l'OMC pour formuler une convention internationale de sûreté et d'étiquettage sur les produits alimentaires, se plia à nouveau à la pression des EU et de ses alliés proches et déféra la prise de décision si oui ou non tout les produits génétiquement manipulés vendus en supermarchés doivent le porter à la connaissance du consommateur. Cela veut dire que pendant ce temps là, la majeure partie des produits en question sont en vente sans mentionner le fait qu'ils ont été génétiquement manipulés. Codex entre temps rassemble de nouveau éléments sur ce sujet et le débat va être repris l'année prochaine, où une décision finale sera prise qui sera légalement contraignante pour les pays membres de l'OMC.
(2)Un procès défie la politique de l'alimentation génétiquement modifié (GEF) du FDA: Une coalition sans précédent de scientifiques, de leaders religieux, de professionnels de la santé, de consommateurs et de chefs a intenté un procès le 28 mai contre le US Food and Dru Administration (FDA) afin que les tests de sécurités et la mention sur les produits alimentaires génétiquement manipulés soient rendu obligatoire. Le procès remet en question la mise sur le marché de 33 produits alimentaires génétiquement manipulés qui sont couramment en vente sans mention sur l'étiquette et sans avoir subi des tests de sûreté. Ces aliments génétiquement manipulés sont utilisés dans les produits manufacturés. On les trouve dans plusieurs produits de consommation de masse tels que les pots pour nourrissons à base de soja, les chips à base de maïs etc.
Les ministres de l'économie des surnommés Quad Puissances (les EU, UE, Japon et Canada) se sont mis d'accord, lors de leur dernière rencontre, sur une nouvelle approche pour négocier une libéralisation plus exacerbée au sein de l'OMC. Cette approche permettra à des arrangements "secteurs par secteurs" d'être effective si des membres de l'OMC parviennent par la suite à des accords sur deux autres secteurs au minimum. Ceci diffère des arrangements traditionnels où les accords "secteurs par secteurs" deviennent non valides si les membres de l'OMC ne se mettent pas d'accord dans tout les secteurs de négociations.
Les ministres Quad n'arrivaient pas à un commun accord au sujet du Millenium Round (conférence sur l'économie). Les EU et le Japon souhaitent qu'un "trade round" de large envergure commence en 2000, mais le Canada est contre. Les EU laissent entendre qu'il est trop tôt pour prendre une décision à ce sujet.
Les ministres Quad se sont également mis d'accord pour proposer une réunion de haut niveau avec le Comité sur le Commerce et l'Environnement de l'OMC (CTE), bien avant la fin de 1999 afin d'avancer dans la cooptation des ONGs environnementales. Le représentant du marché américain Charlene Barshevsky a demandé que la CTE reste en consultations proches avec les ONGs et les organisations d'affaires afin d'obtenir des "résultats concrets".
Des forêts d'une importance écologique mondiale le long de la côte Pacifique sont mises en péril par ces pourparlers commerciaux. Les pays de l'APEC sont le foyer de 63% des forêts "frontières", c'est-à-dire des écosystèmes largement intacts, de forêts primitives. Ces forêts fournissent un habitat à des espèces rares et en voie de disparition, permettent à des communautés de subsister et absorbent du carbone, ralentissant ainsi l'effet de serre.
Les pourparlers de commerce de bois au sein de l'APEC visent à augmenter la consommation et la production de produits forestiers de la côte pacifique asiatique. Le but déclaré est de baisser le prix de ces produits. Logiquement si les prix baissent, la demande augmente et la déforestation s'accélère. Une étude du département de l'agriculture des EU montre que plus de bois serait prélevé dans la région écologiquement très sensible du nord-ouest pacifique (forêts anciennes) à la suite de l'élimination de restrictions des troncs non traités sur terrains publics, un objectif annoncé dans les pourparlers de l'APEC.
Les pourparlers de l'APEC au sujet du commerce du bois pourraient affaiblir plusieurs réglementations qui ont été mises en place pour protéger les forêts, par exemple le contrôle des pestes et les restrictions d'exportation de troncs non traités.